L'Agonie de Couronne d'Ouest

Sous les feux de la rampe

Arcibaldo organise le recel des babioles trouvées dans le repère des bâtards de l’Erèbe : chacun des Aténaar empoche 40 DO d’argent de poche. Arcibaldo, en récupérant la liste des victimes et autres documents, tente en vain d’en apprendre plus sur les commanditaires, et sur ce fameux « Conseil ».

Les cadavres des bâtards ont été déposés en une pile devant l’hôtel de ville. Chacune des dépouilles a un jeton signature planté sur le front. Une des façades de la mairie est pyrogravée avec une bombe de Léonis qui a projeté l’image une couronne d’épines au milieu d’une lanterne stylisée.

A force de gratter son herpès génital, Niccolo est alité quelques jours et c’est Vilandre qui prend la tête de la coterie Aténaar.

Léonis produit des veilleuses qui permettent de glisser un cache en forme de couronne d’épine pour diffuser une lumière bleue et projeter l’ombre du symbole. Via le réseau d’Arcibaldo, un certain nombre de ces lanternes numérotées est distribué à différentes personnes triées sur le volet : conteurs, colporteurs, troubadours et racontars.

Les Veilleurs commencent à acquérir une réputation dans les faubourgs de la cité. Le clergé d’Asmodéus n’est pas insensible à leur dernière action, car ils ont éliminé nombre de tieffelins, considérés par leur ordre comme l’engeance du démon.
Aurora essaye d’écrire un article pour la Gazette de la ville qu’elle voulait transmettre de manière anonyme, mais insatisfaite de la qualité de son récit, elle abandonne cette idée.
Aurora est à la recherche d’un bal pour étrenner sa nouvelle robe et elle apprend que le premier jour de Leth, le seigneur Arvanxi organise une grande réception. Cette dernière est organisée pour célébrer la fin des travaux de la reconstruction du Théâtre d’Ombrenuit, le lendemain d’une grande représentation inauguratrice.

Un 23 Lamashan, les Aténaar se rendent au sanctuaire d’Aroden pour poursuivre leur stratagème visant à établir un ordre nouveau sur la cité.

Les Veilleurs semblent vigilants. Une jeune femme avenante converse avec Janiven à l’arrivée de la fratrie Aténaar. Elle se nomme Ailyn Ghontasavos. Elle est membre des Eclaireurs, venue jusqu’à Couronne d’Ouest avec un intérêt pour la loge abandonnée de son Ordre. Le Havre du Chercheur était connu pour abriter de nombreux artefacts ramenés des expéditions. Ailyn pense que la fermeture du Havre n’aurait pas été tant maîtrisée par la maison Thrune, et qu’une partie de ses secrets y seraient toujours enfouis. Cela renforce la théorie des Aténaar comme quoi une magie ancienne et corruptrice serait à l’origine des Créatures de l’Ombre.

Une des clés pour rentrer dans le Havre serait une boîte, « le Nœud Chélaxien », qui serait toujours à Couronne d’Ouest. Après de longues investigations, Ailyn a appris que cet objet était caché dans le palais d’Arvanxi « la folie d’Aberian », dans un coffre unique en son genre, « le cœur d’Asmodéus, un demi-plan, rien de moins.

Le 31 Lamashan, pour sa réouverture, les planches du Théâtre d’Ombrenuit, accueilleront la pièce « les Six épreuves de Larazod ». C’est une pièce de théâtre dite « mortrecci » avec le moins de simulation possible, où la plupart des acteurs ne finissent pas le dernier acte en vie. Il n’est guère pratiqué à Couronne d’Ouest, par manque de comédiens volontaires.
Les Veilleurs voient en cette occasion l’opportunité de s’infiltrer dans le Palais du seigneur-maire. Participer et survivre à cette représentation, c’est l’occasion de pénétrer avec son matériel, dès le lendemain, dans la folie d’Aberian pour les libations qui suivent plusieurs jours après.

Arcibaldo n’a pas lu cette pièce, mais en connaît les ressorts : Larazod et ses compagnons sont jugés par un mystérieux tortionnaire, et chacune des épreuves détermine s’ils sont coupables ou innocents. C’est une pièce avec un peu de comédie qui tourne en dérision Aroden et célèbre Asmodéus. Les épreuves varient en fonction du metteur en scène. Robahl Nonon est recruté pour cette représentation, Arcibaldo le connaît de réputation pour être un tyran insupportable mais compétent.

La troisième et dernière audition pour recruter la troupe qui aura l’insigne honneur de jouer lors de la Première a lieu dès le lendemain, le 24 Lamashan.

Aurora se cache dans une bibliothèque du Spera pour dénicher un exemplaire de la pièce. Arcibaldo fait jouer aussi ses contacts pour l’obtenir dans la nuit, la lire et la mémoriser. Elle est tellement courte qu’il décide de l’annoter et de l’enrichir de quelques dialogues supplémentaires.

Vilandre, quant à lui, se constitue une toilette de ce qu’il sait être le costume du parfait saltimbanque : armure de pacotille rutilante, le cou orné d’une collerette ouvragée couleur parmesan scintillante de paillettes, une perruque couleur mirabelle et une paire de souliers pointus vernis d’un rouge vif du plus bel effet. Le tout emballé dans un tourbillon de rubans chamarrés.

L’audition a lieu au théâtre de Fourracheau, entre le Spera et le Crua, un endroit populaire où les bateleurs sont fréquemment chahutés par la plèbe.

Arcibaldo propose ses services de costumier. Il grime Aurora en Tibain, un paladin d’Aroden, personnage dont le comique sera renforcé par l’apparence d’Aurora. Léonis pourrait interpréter Dentris, un mage cabotain, alors que Vilandre serait formidable en Drovalid, le tortionnaire qui tourne casaque pour rejoindre l’équipe de Larazod.
Arcibaldo se déguise ensuite lui-même en tieffelin muni de cornes, avec un joli pourpoint noir et or, dans l’espoir de remporter le premier rôle.

A la surprise du groupe, une file d’attente de gueux est bel et bien là pour l’audition.
Le metteur en scène est là, droit dans son costume austère et appuyé sur sa canne orné d’un bijou. Il est assisté par un fidèle serviteur bossu et bourru.
Arcibaldo retient des larmes de bonheur devant l’interprétation de Vilandre en un Drovalid si convaincant qui lit son texte avec une précision et une minutie exceptionnelle. Robhal Nonon a l’air un peu moins convaincu.

Léonis doit quant à lui improviser une insulte fleurie et décoche une belle et docte réplique. Quoiqu’un peu courte. Aurora récite son texte en modifiant certains passages à sa convenance, tout en esquivant les fruits pourris que lui jettent quelques mendiants à qui on a confié cette tâche. Elle renvoie même un trognon de pomme sur un de ses agresseurs. Arcibaldo déclame son texte avec la prestance du comédien accompli.

Le metteur en scène semble à peu près satisfait et le groupe passe dans une salle mitoyenne où d’autres personnes prennent un petit déjeuner tardif.

L’acteur Thésing Ulvuano est présent, en train de narrer ses exploits à une elfe à l’allure angélique. Est présente aussi la vice-baronnette Délour Olamax, une diva connue pour son narcissisme qui a été choisie pour chanter pendant les intermèdes.
Thésing jouera le Juge Anderthem accusateur d’Asmodéus et vilain de la pièce, l’elfe qui se nomme Calsénica Nymmis jouera Illsandra qui finira dans les bras de Larazod.
Le metteur en scène présente les objectifs et fait signer des contrats à la troupe.

Aurora repère le théâtre pendant les nuits et parviendra à s’y faufiler pour visiter seule ce vaste monstre vide.

Une semaine de répétition éprouve les Aténaar, au cours de laquelle Vilandre parvient à séduire et culbuter Calsénica, s’attirant ainsi encore un peu plus l’inimité de Thésing. Arcibaldo est épargné par les rodomontades de Nonon qui peine à garder son calme avec le reste de la troupe. Il sombre dans une quasi-dépression quand l’échéance du grand jour se rapproche. Aurora lui tend une tasse de thé à la bergamote pour qu’il se détende… avec quelques gouttes de laxatif.

A la fin de la journée, Nonon sort des toilettes et offre une broche « magique » à Vilandre pour améliorer son jeu désastreux d’acteur. Il semble à Arcibaldo que cette broche est maudite… et Vilandre choisit de ne pas la porter.

Dernier jour de répétition, Vilandre fait mine de ne toujours pas connaitre son texte. Nonon est au bord de la crise de nerf. Léonis propose son aide à Millech, l’assistant bossu, pour vérifier les trappes et autres mécanismes, mais essuie un refus.

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La répétition générale costumée en avant-première du grand jour se fait dans un brouhahaha assourdissant dans le théâtre de Fourachaux. Même la diva est inaudible dans ce tintamarre. C’est Léonis qui attire finalement l’attention de ce public indocile avec une bombe stalagmite jetée sur scène. Le public est venu en nombre avec la promesse d’un repas chaud à la fin du spectacle. Mais la prestation des Aténaar est à la hauteur et c’est un succès.

La nuit venue, Aurora répète seule son texte dans le Théâtre d’Ombrenuit où l’écho de sa voix met à l’épreuve l’acoustique de la pièce.

31 Lamashan. La troupe se rend en costume du Théâtre de Fourachaux au Théâtre d’Ombrenuit et l’accueil de la foule dans les rues de la cité est chaleureux. Niccolo, tout juste guéri de son herpès, souhaitait assister à la représentation mais ne peut pas s’y rendre car il a des troubles intestinaux après avoir malencontreusement emprunté de la tisane à la bergamote à Aurora.

Le Théâtre d’Ombrenuit est massif et gothique, décoré de statues imposantes et de gargouilles inquiétantes, comme un temple dédié à un sombre dieu. Les murs sont décorés avec des peintures aux regards mauvais. Une garnison de chevaliers infernaux est présente ce jour. La troupe finit son parcours dans la salle verte. Nonon nous apprend que c’est Astus Savaca, prêtre d’Asmodéus à la mauvaise réputation qui sera responsable des épreuves.

Les trois coups se font entendre et la pièce commence.

L’odyssée de Larazod et de ses compagnons est semée d’embuches bien réelles au cours des différentes épreuves. Poisons, pièges, duels contre des démons, bain d’acide, traitrise, complot, romance, trolls mort-vivants : tous les ingrédients sont présents pour une histoire haute en couleur.

Léonis brûle les blanches au sens propre comme au sens figuré. Aurora change son texte pour lui donner un tour plus à son goût. Vilandre impose son style avec une éloquence et une gouaille qu’on ne lui savait guère. Arcibaldo théorisera plus tard son exploit en décrivant cette nouvelle école comme celle de la « Di-queu-tion-syn-copée ».

Dans le dernier acte, Thésing est emporté par des griffes démoniaques alors que Nonon fait son apparition dans le rôle d’Asmodéus.

Le public est en liesse.

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Dordelune

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